Jean-Nicolas-Arthur Chéon
.
 

 

 Le 14 septembre 1928, est mort à Sorcy-Bauthémont (Ardennes), dans sa 72e année, Jean-Nicolas-Arthur Chéon, administrateur de 1ère classe des Services civils de l'Indochine en retraite, correspondant de l'Ecole Française d'Extrême-Orient. Durant sa longue carrière coloniale, le défunt avait appartenu d'abord à l'Enseignement, ensuite aux Services civils. Nommé professeur au Collège Chasseloup-Laubat peu de temps après son arrivée en Indochine, il fut adjoint en 1889 à Antony Landes, chargé de la direction du Bureau politique au Gouvernement de la Cochinchine. L'année suivante, il fut mis à la disposition du Résident supérieur au Tonkin, auprès duquel il eut à exercer successivement diverses fonctions, notamment celles de chef du 2'"' bureau (affaires indigènes) et de chef de cabinet. Il fut promu administrateur de ière classe en 1905, année de sa retraite. J.-N--A. Chéon était un connaisseur remarquable de la langue annamite. Parmi ses travaux linguistiques, il convient de mentionner : les Eléments de grammaire de langue chinoise écrite, accompagnés d'une traduction des textes du Tic hàn (Hanoi, 1904) ; un Cours de langue annamite {2 édition, Hanoi, 1904) ; le Recueil de cent textes annamites, annotés et traduits (Hanoi, 1899) ; une Analyse des cent textes du Cours d'annamite transcrits en chữ-Nôm (autographié) ; une étude sur l'Argot annamite et une Note sur les dialectes nguôn, sac et mwfrng, qui ont été publiées dans le Bulletin de V Ecole Française ď Extrême-Orient (tomes V et VII) ; un Cours de chữ-Nôm (autographié) ; la traduction du Phong thần Bá-Ấp-Khảo et celle du Chuyện anh xứ đông với anh xứ nam ; enfin, un recueil de modèles de lettres et d'actes officiels et privés, publié à Hanoi en 1906, sous le titre Từ hàn , ainsi que d'autres recueils de textes en annamite et en chinois. Le défunt comptait parmi les amis de la première heure de l'Ecole Française qui lui gardera un souvenir aussi cordial que durable.

 

 

  V. Goloubew.